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vendredi 18 octobre 2024

Distension du côlon : causes, symptômes, traitements et prévention détaillés

 Qu’est-ce que la distension du côlon ?

La distension du côlon est une condition médicale caractérisée par une augmentation anormale de la taille ou de la dilatation du côlon. Cela signifie que le côlon, une partie de l'intestin qui joue un rôle clé dans le processus de digestion, devient plus large que sa taille normale en raison de l'accumulation de gaz, de matières fécales ou de liquide. Cette dilatation peut être temporaire ou chronique, en fonction de la cause sous-jacente, et peut entraîner une gêne importante chez les personnes touchées.

Le côlon joue un rôle crucial dans l'absorption de l'eau et le stockage des déchets jusqu'à leur évacuation sous forme de selles. Quand il y a une distension, le fonctionnement normal du côlon est perturbé, ce qui peut causer des douleurs, des ballonnements, et même des complications graves dans certains cas.



Causes des ballonnements du côlon

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la distension du côlon. Voici les principales causes :

  1. Accumulation de gaz : Une des raisons les plus courantes de la distension est l'accumulation excessive de gaz dans les intestins. Cela peut être dû à la consommation de certains aliments, tels que les légumineuses, les boissons gazeuses, ou encore les aliments riches en fibres fermentables qui produisent plus de gaz lors de leur digestion.

  2. Constipation : Lorsque les selles ne sont pas évacuées régulièrement, elles peuvent s'accumuler dans le côlon, augmentant ainsi sa taille. La constipation peut être provoquée par un manque de fibres dans l'alimentation, une hydratation insuffisante, ou un manque d'exercice physique.

  3. Obstruction intestinale : Un blocage dans les intestins peut empêcher le passage normal des selles et provoquer une distension. Ce blocage peut être dû à des adhérences, des tumeurs ou d'autres anomalies structurelles dans les intestins.

  4. Iléus paralytique : Dans cette condition, les muscles de l'intestin ne fonctionnent pas correctement, empêchant ainsi le mouvement des selles et des gaz. Cela peut résulter de certaines chirurgies abdominales, d'infections ou de médicaments.

  5. Syndrome de l'intestin irritable (SII) : Ce trouble gastro-intestinal fonctionnel provoque des ballonnements, des douleurs abdominales et des changements dans les habitudes intestinales. Bien que la distension soit souvent temporaire, elle peut causer un inconfort significatif chez les patients souffrant de SII.

  6. Diverticulite : Les diverticules sont de petites poches qui se forment dans la paroi du côlon. Lorsque ces poches s'infectent ou s'enflamment, elles peuvent entraîner une distension.

  7. Maladies inflammatoires de l'intestin (MII) : Des affections comme la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse provoquent une inflammation chronique du tractus gastro-intestinal, ce qui peut entraîner une distension.

Symptômes de distension du côlon

Les symptômes varient en fonction de la cause et de la gravité de la distension du côlon. Cependant, les signes les plus courants incluent :

  1. Ballonnements : Une sensation de plénitude ou de gonflement abdominal est souvent le symptôme principal de la distension.

  2. Douleur abdominale : La dilatation du côlon peut exercer une pression sur les autres organes abdominaux, provoquant des douleurs d'intensité variable, allant d'une gêne légère à une douleur intense.

  3. Flatulences : L'accumulation excessive de gaz dans les intestins entraîne une augmentation des flatulences.

  4. Constipation ou diarrhée : Les personnes atteintes de distension du côlon peuvent présenter des changements dans leurs habitudes intestinales, comme la constipation ou la diarrhée.

  5. Nausées et vomissements : Si la distension est sévère et qu'il y a une obstruction intestinale, les patients peuvent ressentir des nausées, et dans les cas graves, des vomissements.

  6. Diminution de l'appétit : L'inconfort et les ballonnements peuvent réduire l'appétit des personnes touchées.

Comment diagnostique-t-on la distension du côlon ?

Le diagnostic de la distension du côlon repose sur une combinaison de l'examen clinique, de l'historique médical du patient, et d'investigations complémentaires.

  1. Examen clinique : Le médecin commencera par palper l'abdomen du patient pour détecter une éventuelle distension. Il écoutera également les sons intestinaux pour déterminer si le côlon fonctionne normalement.

  2. Radiographie abdominale : Cet examen est souvent utilisé pour identifier une dilatation du côlon et voir si du gaz ou des matières fécales sont piégés dans l'intestin.

  3. Tomodensitométrie (TDM) : Un scanner abdominal peut fournir des images plus détaillées du côlon et aider à identifier les obstructions, les inflammations ou d'autres anomalies structurelles.

  4. Coloscopie : Cet examen consiste à insérer un tube muni d'une caméra dans le rectum pour examiner directement la muqueuse du côlon. Cela permet de détecter des anomalies telles que des tumeurs, des polypes ou des inflammations.

  5. Tests de laboratoire : Des analyses de sang et de selles peuvent être réalisées pour détecter des signes d'infection, d'inflammation ou de déshydratation.

Traitement de la distension du côlon

Le traitement de la distension du côlon dépend de la cause sous-jacente de la condition. Voici quelques-unes des approches thérapeutiques couramment utilisées :

  1. Changements alimentaires : Si la distension est causée par l'accumulation de gaz, le médecin peut recommander de réduire ou d'éviter les aliments qui provoquent des ballonnements. Cela inclut généralement les aliments riches en fibres fermentescibles, les produits laitiers (en cas d'intolérance au lactose), et les boissons gazeuses.

  2. Médicaments : Les laxatifs peuvent être prescrits pour soulager la constipation et favoriser le passage des selles. Dans certains cas, des médicaments antispasmodiques peuvent être utilisés pour détendre les muscles intestinaux. Des antibiotiques peuvent être nécessaires si une infection est présente, comme dans le cas de la diverticulite.

  3. Drainage des gaz : Si l'accumulation de gaz est importante, des méthodes comme la décompression à l'aide d'un tube nasogastrique peuvent être utilisées pour soulager la pression dans les intestins.

  4. Chirurgie : Dans les cas graves, par exemple lorsqu'il y a une obstruction intestinale ou des complications telles qu'une perforation intestinale, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour enlever le blocage ou réparer les dommages.

  5. Réhydratation : Si la distension est accompagnée de vomissements ou de diarrhées sévères, une réhydratation par voie intraveineuse peut être nécessaire pour compenser la perte de liquides et d'électrolytes.

Comment prévenir la distension du côlon ?

La prévention de la distension du côlon repose principalement sur des habitudes de vie saines qui favorisent un bon fonctionnement intestinal. Voici quelques conseils pour réduire le risque de distension :

  1. Alimentation équilibrée : Adopter une alimentation riche en fibres permet de prévenir la constipation, l'une des principales causes de distension. Les fibres se trouvent dans les fruits, les légumes, les céréales complètes, et les légumineuses.

  2. Hydratation : Boire suffisamment d'eau chaque jour est essentiel pour maintenir la souplesse des selles et faciliter leur passage dans le côlon.

  3. Exercice régulier : L'activité physique stimule la motilité intestinale et aide à prévenir la constipation. Une marche quotidienne ou des exercices légers peuvent améliorer la santé intestinale.

  4. Éviter les aliments déclencheurs : Pour certaines personnes, certains aliments peuvent provoquer des ballonnements. Identifier et éviter ces déclencheurs peut aider à prévenir la distension.

  5. Gérer le stress : Le stress peut perturber le fonctionnement du système digestif, notamment chez les personnes souffrant de troubles comme le syndrome de l'intestin irritable. Des techniques de relaxation, telles que le yoga ou la méditation, peuvent aider à gérer ce stress.

Complications de la distension du côlon

Si elle n'est pas traitée correctement, la distension du côlon peut entraîner des complications graves :

  1. Mégacôlon toxique : Cette complication potentiellement mortelle survient lorsque le côlon devient extrêmement dilaté et inflammé, généralement à la suite de maladies inflammatoires de l'intestin. Elle nécessite une intervention médicale urgente.

  2. Obstruction intestinale : Une distension sévère peut entraîner un blocage complet de l'intestin, empêchant ainsi le passage des selles et des gaz. Cela peut provoquer des douleurs intenses, des vomissements et nécessite souvent une intervention chirurgicale.

  3. Perforation intestinale : Dans les cas les plus graves, la pression excessive exercée par la distension peut provoquer une rupture de la paroi intestinale, entraînant une péritonite, une infection grave de la cavité abdominale.

Sources et références

  1. Fondation canadienne de la santé digestive

lundi 2 décembre 2013

LA TUBERCULOSE

La tuberculose est une maladie grave, contagieuse. Elle est donc due à un microbe. dans les pays, elle constitue un véritable fléau social car la plupart des tuberculeux sont soignés chez eux et contaminent leur entourage. Il arrive de rencontrer des familles entières de tuberculeux, On ne peut avoir une idée exacte du pourcentage de tuberculeux car beaucoup d’entre eux, en particulier dans les campagnes, ne consultent pas régulièrement le médecin. Mais on peut cependant affirmer que la tuberculose se place au premier plan des maladies à vaincre en Afrique.

II existe plusieurs formes de tuberculose suivant les organes où le microbe se localise il y a une tuberculose rénale, intestinale, osseuse.... Mais la forme la plus fréquente est la TUBERCULOSE PULMONAIRE qui représente 90 % des cas. C’est donc elle que nous étudierons en détail pour savoir comment évolue cette maladie et comment, par l’application de règles d’hygiène très strictes, on peut essayer de limiter l’extension de ce fléau.

- La tuberculose pulmonaire.


1) Les symptômes de la maladie.


Le sujet atteint est pâle, avec les yeux brillants, Il a une petite toux sèche. Il maigrit. Chaque soir s’installe une fièvre assez peu élevée qui disparaît la nuit après une forte transpiration. Puis, insensiblement, les quintes de toux augmentent d’intensité. Elles sont accompagnées de crachats. Parfois ces crachats sont sanguinolents.

Si le su jet consulte le médecin, I’ EXAMEN RADIOSCOPIQUE révèle l’existence de « CAVERNES » c’est-à-dire de poches où le tissu pulmonaire est complètement détruit. Le diagnostic est confirmé par l’ANALYSE MICROSCOPIQUE des crachats où l’on observe le germe microbien responsable de la maladie le bacille tuberculeux.

Les symptômes apparents de la tuberculose doivent être confirmés par l’examen radioscopique et l’analyse des crachats.

 
tuberculose bacille de koch
Image 1

2) Le bacille tuberculeux et ses propriétés.


C’est (image 1) un bacille très petit qui fut observé pour la première fois par KOCH,
savant allemand. On l’appelle couramment « BACILLE DE KOCH » ou même «B. K. ».
Ce bacille possède des caractères très particuliers
- il est entouré d’une membrane cireuse, très épaisse, qui le protège efficacement;
- il est très sensible à la chaleur (il est tué par l’ébullition) et au soleil
Par contre, le froid ne le tue pas. La température qui semble lui convenir le
mieux est celle de 37-38° (donc celle de notre corps);
- il résiste à l’action de l’alcool. Il est tué par certains antiseptiques tels que l’eau de Javel et le formai.

Le Bacille tuberculeux ou « B. K. » possède des caractéristiques très particulières : grande sensibilité certains facteurs, résistance à certains autres.



3) La progression du microbe dans l’organisme.


On l’à étudiée en provoquant la tuberculose chez un animal qui est très réceptif au B.K. le cobaye. En injectant des B.K. à un cobaye, on le rend tuberculeux. Au bout d’un certain temps, la dissection montre que les organes internes, en particulier e foie et les poumons, présentent de nombreux « tubercules », d’où le nom de la maladie. On peut se rendre compte aussi que le microbe s’est répandu dans l’organisme suivant les étapes types de « l’infection microbienne »
-au point d’inoculation, formation d’une petite tumeur ou « chancre »
- puis réaction des ganglions de la patte inoculée;
- enfin, atteinte de tout l’organisme ou de certains organes en particulier.

Le B. K. progresse dans l’organisme suivant les trois étapes d’une autre infection
microbienne.

LA CONTAMINATION.


- Le plus souvent la maladie s’attrapé par contact direct avec un tuberculeux:
celui-ci répand autour de lui, en toussant, ou même en parlant, des gouttelettes de salive qui renferment des B.K. Les personnes du voisinage sont alors contaminées. On pense que la pénétration du Bacille dans l’organisme d’un sujet sain peut se faire suivant deux voies
• par voie pulmonaire si les particules nocives sont inspirées avec l’air. Elles arrivent alors directement dans une alvéole pulmonaire où la pénétration dans le poumon est facile (en effet, la paroi des alvéoles pulmonaires est extrêmement fine. Certains pensent même qu’elle est inexistante),
• par voie intestinale si les particules nocives sont dégluties. Les B.K. traversent alors la paroi intestinale avec les aliments et, véhiculés par le sang, arrivent au
niveau d’une alvéole pulmonaire.
- Mais, les B.K. peuvent atteindre indirectement des sujets sains: un tuberculeux a craché par terre, par exemple. Des mouches se promènent sur les crachats,
puis vont ensuite se poser sur les aliments.
- Parfois, la contamination se fait à partir d’aliments provenant d’animaux malades. Exemple : le lait d’une vache tuberculeuse renferme des B.K.

L’ INFECTION.


L’infection se fait alors conformément à ce qui a été observé chez le cobaye.
Elle correspond à trois étapes d’une lutte entre le B.K. et les éléments de défense de
l’organisme
- au niveau de la pénétration des B.K., « chancre d’inoculation »
- au niveau des ganglions lymphatiques;
- dans les tubercules des poumons.
A chacun de ces niveaux, la lutte revêt des modalités très particulières à la tuberculose. Que se passe-t-il?

- Une phagocytose inefficace. Les globules blancs du sang phagocytent les. B.K., comme tout autre microbe, mais n’arrivent pas à les « digérer ». En effet, les 6K. sont parfaitement protégés par leur coque cireuse contre les sucs digestifs des globules blancs. Ce sont, eux, au contraire, qui sont détruits par les bacilles englobés.
- Formation de « tubercules »: de nouveaux globules blancs et d’autres « cellules de défense » de l’organisme, capables aussi de phagocytose, entourent les globules blancs qui ont succombé, formant autour d’eux une « barrière solide ». Cet amas ainsi constitué est un « follicule tuberculeux ». Il comprend
• au centre, une « masse centrale », faite de globules blancs détruits
• dans cette masse centrale, les B.K. qui ont détruit les globules blancs
• tout autour, la barrière constituée par des globules blancs nouveaux et d’autres cellules de défense de l’organisme.

Plusieurs follicules se groupent, formant un « tubercule » dont la taille peut aller
de celle d’une tête d’épingle à celle d’une noisette. Dans ces tubercules; les B.K. sont
emprisonnés, mais toujours vivants.

- Evolution des tubercules: formation des cavernes: à l’intérieur des tubercules, les B.K. continuent à se développer et la masse centrale se transforme, prenant la consistance d’un fromage trop fait : on dit que le tubercule se « caséifie ». La paroi du tubercule cède bientôt et son contenu s’écoule dans une bronche, remonte la trachée et constitue l’essentiel d’un «crachat ». Le malade rejette des B.K. et devient contagieux. D’autre part, à l’emplacement du tubercule vidé se trouve une CAVERNE. Les bords déchirés de cette caverne sont de nouveaux points de pénétration pour les bacilles de Koch qui ne se sont pas écoulés à l’extérieur t Ta tuberculose progresse peu à peu. Le nombre de cavernes augmentant, le tissu pulmonaire est de plus en plus détruit. Arrive un moment où la respiration se fait difficile. Des vaisseaux sanguins peuvent se rompre, provoquant des hémorragies. Et la mort arrive.

La formation de « tubercules », tris caractéristiques de la tuberculose, correspond à un moyen de défense de l’organisme contre des microbes très difficiles à «digérer ». La formation de ces tubercules précède celle des cavernes.

2 - La lutte antituberculeuse.


La tuberculose est une maladie grave, d’abord pour l’individu qui en est atteint
si on ne le soigne pas, celui-ci est menacé par une mort plus ou moins rapide. Mais elle l’est
aussi pour la société parce que c’est une maladie très contagieuse : tout individu atteint contamine son entourage et la tuberculose s’étend rapidement dans une population.
Aussi la lutte contre cette maladie doit se faire à deux niveaux :
- traitement des malades, pour essayer de les guérir (et on évite par là même des contagions);
- protection des populations: on préserve de la tuberculose les individus sains. Le principe de l’hygiène s « mieux vaut prévenir que guérir » n’est jamais aussi vrai que pour la tuberculose.

1) Traitement de la tuberculose.


Le traitement de la tuberculose relève de la compétence d’un médecin. Nous ne nous étendrons pas sur cette question, mais il est important de savoir
Plus un malade est soigné tôt, plus il a de chances de guérir. Il ne faut pas craindre de consulter un médecin, de se rendre à un dispensaire dès l’apparition d’un ou plusieurs symptômes anormaux amaigrissement, toux, sueurs nocturnes, fatigue inexpliquée. Certes, ces signes ne recouvrent pas toujours une tuberculose, mais le médecin saura les prendre en considération. C’est par la radio et par l’analyse microscopique des crachats, qu’il diagnostiquera une tuberculose.

Le traitement efficace de la tuberculose est une des grandes victoires de la médecine. C’est aussi une des plus récentes. li y a encore 50 ans, les chances de guérison étaient minimes. C’est en 1944, avec la découverte d’un antibiotique actif contre le B.K., la Streptomycine, qu’apparut le premier moyen sérieux de vaincre la tuberculose. Depuis, d’autres antibiotiques susceptibles de détruire le Bacille tuberculeux ont été découverts. Le médecin y ajoute des produits chimiques fabriqués en laboratoire le P.A.S. (1946) et le RIMIFON (1952).

Il ne faut jamais arrêter un traitement, sous prétexte que l’on va mieux, sans avoir eu pour cela l’avis du médecin. En effet, les médicaments employés provoquent rapidement une amélioration mais cela ne veut pas dire que tous les B.K. soient tués. S’il en reste, ils acquièrent au contraire une vigueur nouvelle lors d’un arrêt de traitement. Si le malade «rechute », ils résistent aux médicaments c’est ce que l’on appelle le phénomène de «résistance ». Une rechute est alors plus grave qu’une première atteinte, puisque les B.K. sont devenus résistants aux antibiotiques.

2) Lutte préventive ou prophylaxie.


Pour prévenir la tuberculose, c’est-à-dire pour éviter qu’elle atteigne les sujets sains, on applique différentes mesures :

ON SUPPRIME LES POSSIBILITES DE CONTAGION:

Pour cela, on procède à l’isolement des malades et au dépistage des tuberculeux. Cela revient, dit sous une autre forme, à supprimer ta source de contamination, de propagation de la maladie.

- ISOLEMENT DES MALADES: En principe, on devrait pouvoir isoler tout sujet contagieux, c’est-à-dire, avant tout, les tuberculeux pulmonaires qui crachent, Cet isolement est réalisé en sanatorium, à ‘hôpital où les tuberculeux sont groupés dans des services ou des salles à part, isolés des autres malades. Cet isolement déplaît au malade et à la famille. Il faut pourtant l’accepter chaque fois qu’il est possible car on ne peut pas l’obtenir vraiment quand le malade demeure chez lui.

Pratiquement, cet isolement complet du malade n’est par rendu obligatoire par la loi. De plus, en Afrique, il n’est pas toujours possible de donner à tous les tuberculeux contagieux la possibilité d’isolement suppose un équipement médical très important, très onéreux, très difficile à réaliser, que notre pays n’a pas encore. L’éducation des malades et de leurs famille devrait pouvoir permettre de remédier en partie, a l’impossibilité fréquente d’isoler le malade. Toute famille où il y a un tuberculeux devrait savoir qu’il faut :

• désinfecter la maison: il existe dans chaque commune un service de désinfection et le chef de famille doit demander, en en donnant la raison, une désinfection générale de son logement, Cette désinfection tue les B.K. que le tuberculeux a répandu autour de lui et qui vivent de longs mois si l’habitation est sombre (la lumière tue les B.K.);
• réserver au malade une pièce où il soit seul ou, si vraiment cela est impossible, l’isoler au maximum dans une pièce où personne ne partagera son lit
• apprendre au malade à ne pas cracher par terre, mais dans un crachoir que l’on désinfectera chaque jour par un séjour prolongé dans de l’eau de Javel pure;
• recueillir le linge du malade à part, le laver à part, le faire bouillir 1/4 d’heure;
• donner au malade des objets personnels qu’en aucun cas les autres membre de la famille n’utiliseront (verre, cuillère, assiette) et les ébouillanter, à part, après
usage.

Ces précautions élémentaires ne suffisent certes pas pour éviter tous les cas de contagion, mais elles peuvent les limiter considérablement. Il arrive de rencontrer des familles entières de tuberculeux : père, mère, enfants. li est évident que c’est alors une seule personne malade qui a contaminé toutes les autres.

- DEPISTAGE DES TUBERCULEUX: il y a beaucoup de gens qui ne consultent le médecin que lorsque ta maladie est très avancée. Beaucoup d’autres traînent sans le consulter. Il y a enfin qui présentent une tuberculose à son début, qui ne sont pas encore contagieux, qu’il serait facile de guérir. Comment « dépister » ces personnes?

pour les traiter d’une part, et pour protéger l’entourage d’autre part.
On dispose de deux moyens, que vous connaissez sûrement, dont vous êtes peut- être l’objet, mais que vous n’avez pas toujours compris. li s’agit
-de la cuti-réaction
- de la radiographie annuelle obligatoire.

Ces deux moyens sont appliqués sur des collectivités élèves des écoles, fonctionnaires, etc....

La cuti-réaction :

Quand on vous fait une « cuti », e médecin ou l’infirmière fait sur votre peau deux petites scarifications (entailles superficielles) sur lesquelles il dépose une goutte d’un liquide appelé «tuberculine ». On vous demande de revenir 3 jours après pour la « lecture des résultats ». Si, à l’endroit des scarifications, il y a une réaction de la peau qui rougit, se boursoufle, durcit, le médecin dit « cuti-réaction positive » et il inscrit sur votre fiche de santé un, deux, ou trois signes + Si, au contraire, la peau est restée normale, il dit « cuti-réaction négative », et il inscrit sur la fiche de santé un signe -. Que signifie tout cela?

Nous avons vu, au paragraphe précédent, les trois étapes franchies par le B.K. dans le cas de la tuberculose pulmonaire. Nous les rappelons
- chancre d’inoculation,
- infection des ganglions voisins du chancre,
- généralisation de la tuberculose.
C’est lorsque la troisième étape est atteinte que la maladie est établie.

Or il se trouve que beaucoup de personnes subissent l’attaque des B. K. mais n’arrivent pas au troisième stade. Le chancre d’inoculation se forme, les ganglions voisins du chancre sont aussi atteints par les B. K. mais tout s’arrête là. Les Bacilles sont maintenus prisonniers, au niveau du chancre et des ganglions qui durcissent. Parfois même, ils finissent par être tués. L’organisme sort victorieux de cette première atteinte des B. K. on dit que l’organisme a fait une « primo-infection ».

Conséquence de cette primo-infection l’organisme devient très sensible aux B.K. S’il subit une autre atteinte par les Bacilles, il réagit violemment on dit qu’il est devenu « allergique » au B.K.
C’est cet état « d’allergie » qui accompagne une primo-infection que l’on décèle par la cuti-réaction. La tuberculine est un liquide obtenu à partir de culture de B.K. qui sont ensuite tuées, filtrées et concentrées. Il est donc normal qu’après une primo- infection la « cuti » devienne positive. C’est même le signe que l’organisme se maintient en état d’alerte et est capable de réagir à une nouvelle atteinte des B.K.

Par la cuti-réaction, on décèle, notamment chez le jeune, le passage d’un état négatif » à un état « positif ». L’organisme lutte alors contre un microbe qui cherche à l’envahir. On surveille cette lutte et, au besoin, on « aide » l’organisme à en sortir victorieux. Une « cuit » bien surveillée c’est souvent un tuberculeux de moins.

a) La radioscopie obligatoire:

La cuti-réaction ne permet pas de déceler état de maladie. Comprenez bien qu’elle n’est utile que si elle est pratiquée de façon suivie, chez des sujets sains (enfants des écoles par exemple) permettant de déceler et de surveiller la période de « virage ». Le diagnostic de l’état de maladie, dès son début, se fait pat l’examen radioscopique qui permet de déceler l’existence de premières lésions. C’est pourquoi, dans les écoles, les élèves passent chaque année « à la radio ». De même, dans certaines professions, la « radio » annuelle est obligatoire.

b) On vaccine les sujets sains .

Il existe un vaccin, le B.C.G. (« Bacille Calmette Guérin », fabriqué par I’ Institut Pasteur). Le résultat obtenu est un peu différent de celui obtenu par les autres
« vaccins ».
Ici, le sujet n’est pas « immunisé », car l’immunité est impossible à obtenir vis à vis du B.K. Le sujet acquiert « l’allergie » tuberculinique, qui rend l’individu plus résistant à l’infection en somme ; il fait sa « primo-infection ». Mais il la fait avec un vaccin, c’est-à-dire avec des germes non virulents, donc sans risque de maladie.

c) Mesures générales d’hygiène.

Mesures individuelles:

La propreté : il faut au maximum entretenir la propreté de sa maison, laisser le soleil y pénétrer. Les aliments seront mis à l’abri des mouches et des poussières de la rue (d’ailleurs si la maison est propre, les mouches n’y seront pas attirées).

Prenons l’habitude de nous laver les mains avant chaque repas car, durant nos allées et venues, nous touchons bien des objets qui peuvent être souillés par les microbes. Prenons la bonne habitude (et faisons-la prendre aux enfants) de ne jamais,cracher à terre.

• L’alimentation : la façon dont un organisme réagit en face de la maladie dépend de l’état dans lequel il se trouve. Un sujet sain et vigoureux sortira vainqueur du B.K. lors d’une primo-infection par exemple ; tandis qu’un individu faible et mal nourri se laissera envahir par les microbes r ayons donc une alimentation suffisante et équilibrée.
Faisons bouillir le lait, surtout si nous sommes à la campagne où les contrôles ne
sont pas toujours possibles.

Mesures collectives:

• L’ habitation : le B.K. est facilement détruit par s lumière, le soleil, la chaleur. Veiller à l’existence de maisons ensoleillées, aérées, dans des quartiers aux
rues larges où le soleil pénètre, c’est prévenir la tuberculose.
• La lutte contre la misère : il est fait d’observation courante que la tuberculose est très répandue dans les quartiers pauvres des villes où les gens sont mal logés et mal nourris. Toute mesure qui favorise l’amélioration du niveau de vie moyen, est une mesure de lutte contre la tuberculose.

CONCLUSION

La tuberculose est une maladie redoutable. Les mesures de lutte sont en grande
partie des mesures collectives. Pourtant, sachons appliquer les mesures d’hygiène personnelle qui peuvent en limiter les méfaits.